# Les anciens remparts, portes et douves de Chiang Mai : une histoire que l'on peut parcourir à pied

> La vieille ville de Chiang Mai est encore un carré entouré de douves. Portes, remparts et bastions d'angle — et l'histoire Lanna qu'ils renferment.

La plupart des villes gardent leur histoire derrière des vitrines. Chiang Mai, elle, la garde dans la rue — un carré d'eau et de vieilles briques que l'on peut parcourir en une après-midi, avec des cafés et des temples nichés à l'intérieur. Les remparts sont ce que l'on trouve de plus ancien ici, et une fois qu'on apprend à les lire, toute la vieille ville prend un sens différent.

## Un carré tracé pour un royaume

**Le roi Mengrai** a fondé Chiang Mai en **1296** comme nouvelle capitale de son royaume Lanna, et il l'a bâtie comme un roi bâtit quelque chose destiné à lui survivre : un carré presque parfait, cerclé d'un mur de briques et d'un large fossé alimenté par la rivière **Ping**. L'orientation n'avait rien d'accidentel — l'alignement, le placement des portes, et même l'endroit où le premier coup de bêche fut donné furent déterminés par la géomancie et la cérémonie, la ville lue comme un corps avec une tête, un nombril et un esprit gardien. Les douves servaient à la fois de défense et de drainage ; le mur, de défense et d'affirmation. Pour saisir pleinement qui était Mengrai et ce qu'il a bâti, notre article sur l'[histoire du royaume Lanna](/blog/lanna-kingdom-history) est le point de départ idéal.

![Les anciens remparts, portes et douves de Chiang Mai : une histoire que l'on peut parcourir à pied](/blog/old-city-walls-gates-chiang-mai/visual.webp)

## La porte Tha Phae, le cœur animé

Si la vieille ville a une porte d'entrée, c'est bien **la porte Tha Phae** sur le mur est — la seule porte que tout le monde connaît, restaurée dans toute sa splendeur de briques patinées, et qui ne connaît presque jamais le calme. Les pigeons s'envolent en nuées quand les enfants les poursuivent ; les couples posent ; les musiciens jouent ; les festivals et les défilés prennent naturellement la place ouverte devant elle comme leur scène. Le dimanche soir, le célèbre marché de la **Walking Street** part de juste ici et inonde les ruelles derrière avec des charrettes de nourriture, des lanternes et de l'artisanat. C'est touristique, oui — et vraiment charmant, surtout quand la lumière devient dorée.

## Un tour tranquille des douves

Faites le tour des douves et vous rencontrerez les autres portes une à une. Sur le côté nord se dresse **la porte Chang Phuak**, la « porte des Éléphants », en face de l'un des meilleurs **marchés de street food** de la ville — l'endroit où les habitants vous envoient pour le légendaire riz au porc braisé après la tombée de la nuit. À l'ouest se trouve **la porte Suan Dok**, la « porte du Jardin Fleuri », plus calme et plus verdoyante. Le mur sud en abrite deux : **la porte Chiang Mai**, avec son marché animé le matin et le soir, et **la porte Suan Prung**, traditionnellement celle par laquelle on portait les morts. Cinq portes au total, chacune d'une atmosphère différente, chacune encore traversée par la circulation exactement là où passaient jadis charrettes et éléphants.

## Les angles tranquilles

Les portes attirent l'attention, mais les angles récompensent les curieux. Chacun des quatre est un **bastion** — un *jaeng* en thaï — et deux se conservent particulièrement bien : **Katam** au sud-est et **Hua Lin** au nord-ouest, robustes angles de vieilles briques où l'on peut se tenir seul face aux douves, presque sans personne d'autre. Ce sont les endroits que nous recommandons aux visiteurs qui veulent profiter des remparts sans la foule : tôt le matin, avec un café, avant que la chaleur ne s'installe.

## Des remparts qui encadrent une ville de temples

Ce que le carré fait vraiment, c'est contenir les choses. À l'intérieur de ses quelques kilomètres se trouvent certains des temples les plus anciens et les plus beaux du nord, suffisamment proches pour les relier à pied — des *chedis*, des *viharns* en teck et de l'or qui accroche la lumière dans chaque ruelle. Le mur donne à la vieille ville son échelle et son calme ; on sait toujours à peu près où l'on est, car les douves ne sont jamais loin. Nous en avons tracé le meilleur itinéraire dans notre [visite guidée à pied des temples de la vieille ville](/blog/old-city-temples-chiang-mai), et il se combine parfaitement avec un tour des remparts.

![Les anciens remparts, portes et douves de Chiang Mai : une histoire que l'on peut parcourir à pied](/blog/old-city-walls-gates-chiang-mai/visual-2.webp)

## Comment nous le ferions

Allez-y aux heures limites de la journée. À **l'aube**, les douves sont lisses comme un miroir et les portes appartiennent aux moines et aux joggeurs ; au **crépuscule**, les briques se réchauffent et les hirondelles sortent. Commencez à **Tha Phae**, partez vers le nord dans le sens anti-horaire jusqu'à **Chang Phuak** pour la porte des éléphants et une petite collation, coupez vers l'ouest jusqu'à **Suan Dok**, puis descendez vers les portes sud et revenez — une boucle de quelques kilomètres, tranquille, avec un temple ou un café selon l'humeur. Gardez-la pour un **dimanche** si possible, afin de terminer sur la Walking Street juste au moment où les lanternes s'allument.

## La ville avant cette ville

Voici le secret que les remparts gardent pour eux : ce carré n'était pas la première tentative de Mengrai. Juste au sud, sur les rives du Ping, se trouvent les ruines à demi enfouies de **Wiang Kum Kam**, l'ancienne capitale qu'il a abandonnée parce que la rivière ne cessait de l'inonder — ce qui explique précisément pourquoi Chiang Mai a été élevée sur un terrain plus haut et plus sec, derrière ces remparts. Une courte excursion vers la [cité perdue de Wiang Kum Kam](/blog/wiang-kum-kam) est le prologue de tout ce qui se trouve à l'intérieur des douves.

Venez tracer le carré avec nous — les remparts ont attendu sept cents ans ; une après-midi est bien le moins que nous puissions leur accorder.
